Toujours plus fort : Drancy : la démocratie locale par l’exemple : illustration par le maire, Jean-Christophe Lagarde

septembre 27, 2008

C’était hier soir, 25 septembre 2008, 22h30, à la fin de la séance du conseil municipal : M. Jean-Christophe Lagarde avait indiqué en début de séance qu’il donnerait, exceptionnellement, la parole aux « personnes » qui le souhaiteraient sur le thème de l’article du Parisien intitulé, je cite, « Quand le maire se félicite d’avoir menti… ». Ce qui fut dit, fut fait.

Je fus le premier à demander la parole, sur deux points :

  1. Tout d’abord, je déclarai que je me prononcerais pas sur l’affaire, répétant ce que j’ai suffisamment écrit sur ce thème, ici sur drancydavenir.net, comme sur mon propre blog, Reflexionpolitique.net ou bien que j’ai indiqué au journaliste qui m’interviewait pour MEDIAS LIBRES, à savoir que cette dernière était suffisamment complexe et sensible pour que les socialistes et moi-même restions dans notre démarche sereine, de démêler l’affaire tranquillement, rencontrer les représentants des associations musulmanes concernées, afin ensuite, de voir ce qu’il y avait lieu de faire.
  2. Ensuite, que nous avions estimé particulièrement inconvenant pour un maire, de mentir à ses administrés, dans l’exercice de la gestion de sa ville, « pour leur bien », et qui plus est, de s’en vanter ensuite dans la presse. Cette attitude étant manifestement peu en phase avec les concepts de transparence et de respect de la démocratie locale.

Ceci me prit à peu près 2 minutes et 30 secondes. De quoi amorcer un débat sur le second point, ce thème fondamental des limites que l’on peut ? doit ? attribuer à l’exercice de la démocratie.

Jean-Christophe Lagarde s’empara alors de la parole pendant 35 minutes (!) puis déclara la séance close. Personne n’eut plus la possibilité de s’exprimer, ni moi, ni les autres élus de l’opposition, socialistes, mais aussi communistes et Lutte Ouvrière (l’élu MoDem était absent), qui n’eurent même pas le loisir, s’ils en avaient eu l’envie, de prendre la parole. Je déclare donc volontiers vainqueur du « débat » par K.O. audio sur le score de 33 à 2, Jean-Christophe Lagarde… La démonstration sur le site de la mairie de Drancy, c’est ici, c’est imparable. Exceptionnellement, l’enregistrement de la séance a été mis en ligne dès le lendemain. Bravo à la technique ;)

Cela dit, j’invite chaque drancéenne, chaque drancéen à écouter Jean-Christophe Lagarde, puis à lire ou relire ce que j’ai écrit.

C’est particulièrement édifiant, voire stupéfiant ! Si je me connaissais pas, en écoutant Jean-Christophe Lagarde, je me fuierais à grandes enjambées…

  • Je tiens donc à préciser, s’il en est besoin, que si je n’ai pas répondu à Jean-Christophe Lagarde, ce n’est bien évidemment pas parce que j’approuvais ses propos ni le portrait qu’il dressait des journalistes du Parisien, des socialistes de Drancy et de moi-même, c’est uniquement parce qu’il ne m’a pas permis de lui répondre ;
  • Je prends également le soin de vous communiquer les liens qui mènent aux textes que j’ai écrits sur le sujet et à l’interview de Medias Libres, textes ou propos que je revendique, à l’exclusion de tous autres, à cette date du 26 septembre 2008. En effet, Jean-Christophe Lagarde semble me prêter d’autres tribunes, que je n’ai pas, n’étant pas aussi médiatique que lui, modeste (comme il tient à le rappeler) conseiller municipal d’opposition (et à mandat unique) que je suis.

En définitive, ce que je retiens de ce long, long, long monologue du maire de Drancy, c’est :

  • D’une part que Jean-Christophe Lagarde explique qu’il n’a, en fait, pas menti aux drancéens, mais à un journaliste du Parisien, pendant la campagne des municipales, pour ne pas que ce journal puisse faire correctement son travail d’information etc. etc., on en revient donc bien à ce souci de notre maire de dissimuler la vérité aux drancéens sur les sujets « sensibles » pour ne pas provoquer de trouble, non ? En quoi donc n’a-t-il pas menti aux drancéens ? Et pourquoi donc, s’il l’assume, en faire alors tout un plat ? Je ne demande simplement qu’à débattre avec Jean-Christophe Lagarde sur ce thème relatif à l’exercice de la démocratie locale.
  • Et c’est d’autre part que Jean-Christophe Lagarde explique que je suis « modeste » pendant les séances de conseil municipal (et bien oui, 2 modestes minutes contre 32…, difficile de ne pas être « modeste » du coup…) et que je me transforme en je ne sais quoi, dès que je rentre chez moi, le soir, me mettant alors à raconter n’importe quoi devant mon écran d’ordinateur… Cela, c’est une histoire d’opinion, mais la réalité est que je suis socialiste, défenseur de la légalité, défenseur du droit à vivre tranquillement de toutes celles et ceux qui arpentent le sol français et donc drancéen, quelles que soient leur sexe, leur opinion politique, leur nationalité, leur couleur de peau, leur philosophie ou religion etc. Je suis par ailleurs défenseur du principe de laïcité, de la loi de 1905 et, ce n’est pas antinomique, je suis également favorable à ce que les religions puissent être pratiquées dans des conditions décentes et adéquates et notamment la religion de l’islam, seconde religion pratiquée en France, si je ne m’abuse, n’en déplaise à ceux qui m’attaquent et s’expriment (le plus souvent de façon anonyme) sur des sites que ne renieraient pas les amis de M. Jean-Marie Le Pen.

Une mosquée à Drancy, Oui ! Bien sûr !
Le mensonge et la dissimulation, Non ! Et encore, Non.

- Affaire à suivre -

Gilles Saulière, Conseiller municipal
d’opposition socialiste à Drancy


Drancy : mensonge et laïcité, mélange explosif

septembre 20, 2008

Le site d’information MEDIAS LIBRES, après avoir écrit un article sur l’affaire du mensonge de Jean-Christophe Lagarde concernant la mosquée de Drancy, ouvre ses colonnes à l’opposition socialiste ici. C’est assez rare pour être souligné, habituellement, la presse ouvre beaucoup plus facilement ses colonnes au très médiatique ex-MoDem nouveau Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde, maire réélu de Drancy. Merci donc à MEDIAS LIBRES.

Dans cette affaire, qui est très sérieuse, à triple titre, nous avons pris le choix de ne pas nous laisser perturber par l’ultra médiatisation qui en est faite par Jean-Christophe Lagarde lui-même, d’une façon d’ailleurs beaucoup trop voyante et grossière pour être complètement innocente, non ? En effet :

  • Proclamer sans pudeur avoir menti à ses administrés et leurs élus ;
  • Mettre de l’huile sur le feu de la laïcité, au moment même où ce fondement majeur de notre république est choisi par Nicolas Sarkozy comme nouveau thème de provocation et de déstabilisation de nos institutions ;
  • Mettre sous les feux de la rampe la communauté musulmane de Drancy, (qui, rappelons le clairement, n’est pas à l’origine de cette douteuse manipulation des lois de la république) ce qui n’aura comme but que celui strictement inverse à la justification de son mensonge, qui était, il faut le rappeler, d’éviter le trouble et les troubles ! ! ! Ainsi au contraire, le résultat est déjà là : les passions s’excitent, les tensions à l’égard de la population musulmane pointent, les communautés commencent à s’opposer et cerise sur le gâteau, le maire permet à la droite la plus à droite et la plus sombre de Drancy, laquelle semblait jusque là en rapide déclin, de trouver un thème pour se rassembler et exprimer sa haine.

Bref, Jean-Christophe Lagarde souhaite certainement donner des gages de soutien à Nicolas Sarkozy sur son pproche « positive » de la laïcité, aura-t-il enfin un poste dans son gouvernement ?

Bref, Jean-Christophe Lagarde fait du sur-bruit, mélange tout pour étouffer ses fautes, mais elles sont bien là !

Alors, n’en déplaise à certains, nous autres, socialistes de Drancy, ne nous laisserons pas déstabiliser par une campagne médiatique d’un côté et les attaques de toutes parts, nous ferons notre travail d’opposition, jusqu’au bout, à notre rythme pour démêler cet écheveau, faire respecter les lois de la république, laïque, démocratique et remettre les choses en ordre.

Est-ce de la mollesse ? Ainsi que s’en offusque une commentatrice sur le site MEDIAS LIBRES ? Non madame, peut-être simplement de la modestie et de la mesure. Nous ne crions pas au loup, d’autres se font assez plaisir sur ce thème, nous préférons tenter de résoudre les problèmes qui nous sont posés. Et celui-ci en est un de taille. Rendez vous donc très bientôt pour la suite.


Jean-christophe Lagarde : des hypocrisies françaises aux mensonges à Drancy

septembre 9, 2008

Il l’avait déjà expliqué lors d’une séance au conseil municipal, portant notamment sur l’officialisation de la vocation exclusive de mosquée de la toute nouvelle ex-salle polyvalente de Drancy Avenir (l’une des deux séances qui n’ont pas été publiées sur le site officiel de la municipalité), il l’a apparemment confirmé au journal Le Parisien le 6 septembre : Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy, nouveau grand pourfendeur des hypocrisies françaises, (du moins dans son livre de l’été), ment délibérément aux Drancéens, pour le bien commun, pour notre bien, car nous autres, Drancéennes et Drancéens, voyez-vous ne sommes  certainement pas capables de penser, de réfléchir par nous-mêmes, nous ne savons pas nous tenir, il faut faire les choses qui paraissent sensibles, dans notre dos, discrètement, en nous mentant sur la réalité, pour que nous puissions uniquement, une fois que tout est fait, reconnaître avec admiration que c’était en effet ce qu’il fallait faire. . .

Mais quel est ce maire qui semble prendre ses administrés pour des brutes incultes et non douées de pensée ?

Faut-il qu’une certaine droite se sente à ce point installée, faut-il qu’un homme politique se sente à ce point investi d’une mission quasi-divine, d’une supériorité sans appel sur les habitants de « sa » ville, d’un paternalisme achevé, pour en arriver là !

Mais qu’est-ce que c’est que cette façon de faire ? Nous savions déjà Jean-Christophe Lagarde peu en phase avec le concept de démocratie participative, cette chose bizarre à ses yeux et qui voudrait dire que le peuple puisse participer aux choses de la la ville dans laquelle il habite, plus d’une fois tous les 6 ans, lorsqu’il s’agit de glisser un bulletin dans l’urne. Quelle idée saugrenue ! « Votez, puis dormez 6 ans ! »

Mais là, c’est quand même un cran de plus dans le mépris affirmé de la citoyenneté de chacune et de chacun, c’est l’affirmation d’une certaine attitude de celui qui pense que tout lui est devenu acquis et que lui seul, au-dessus de la mêlée, a reçu des votes de ses concitoyens le pouvoir de faire ce qu’il veut, de les mener où il veut, en les maintenant dans une ignorance orchestrée, parce qu’ils ne savent pas ce qui est bon pour eux, parce qu’ils ne sont pas suffisamment intelligents pour entendre et comprendre les raisons de tel ou tel projet afin de s’exprimer et donner une opinion digne d’être prise en considération. Et bien NON ! Avec Jean-Christophe Lagarde, c’est « Dormez Drancéennes, dormez Drancéens, ma police municipale veille sur vous, je m’occupe du reste, de tout le reste et vous verrez après comme j’avais raison. »

Êtes-vous d’accord avec cette façon de faire ? Sommes-nous condamnés à être les moutons de notre berger -menteur Jean-Christophe Lagarde ? Quel sera votre prochain mensonge, Monsieur Jean-Christophe Lagarde ?

Quelque soit le fond de l’affaire, ce n’est pas une façon de faire, Monsieur le maire. J’ose espérer que vous réfléchirez à vos actes et que vous vous rendrez compte que la démocratie, qui vous a porté à la plus haute marche de notre ville, qui vous a offert une nouvelle fois cette écharpe tricolore qui orne votre costume, mérite le respect le plus absolu, nécessite de vous une conduite exemplaire et un effort de tous les instants pour expliquer, échanger, écouter vos concitoyens et habitants de votre ville, y-compris au delà des seuls 42 conseillers municipaux qui forment votre majorité absolue au Conseil municipal.

Assumez vos choix au grand jour, n’ayez pas peur de votre ombre ni de la notre, nous aussi Drancéennes et Drancéens, avons reçu à la naissance les dons merveilleux de l’intelligence et du coeur.

Vous devez à votre ville, non pas cette sorte de gouvernement par le mensonge soit disant éclairé, mais une direction claire, précise, transparente et ouverte des affaires de la ville et des ses habitants.

Gilles Saulière, Conseiller municipal d’opposition socialiste.


22 juin, inauguration du wagon témoin du mémorial national du camp de Drancy, l’occasion de se souvenir et de réfléchir à notre devoir de drancéens envers l’Histoire.

juillet 3, 2008

Moment de mémoire, moment émouvant. De 1942 à 1944, notre ville fut le lieu d’où partirent plus de 60.000 malheureux, hommes, femmes, enfants, dont le seul crime était d’être né juif, entassés dans des wagons à bestiaux, pour Auchwitz et qelques autres camps, pour y être massacrés.

Nouvelle exposition dans le wagon lui-même restauré, ce dimanche 22 juin, c’était l’inauguration, en présence de nombreuses associations de déportés, enfants de déportés, des associations juives, les représentants des cultes, juifs, chrétiens, les responsables de la toute nouvelle mosquée de Drancy. Le sous-préfet de Bobigny était là aussi, représentant l’état français, avec le maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde et une délégation du conseil municipal, parmi laquelle, vos trois conseillers municipaux socialistes,  Jocelyne Vivent, Rosalie Lechanoine et moi-même, seuls représentants de l’opposition ce jour là.

Nous déposâmes un bouquet de fleurs de Drancy, devant le monument du mémorial, juste à côté de celle du comité du mémorial, un peu avant la cérémonie, pour honorer la mémoire de ceux qui souffrirent et moururent sous l’action immonde des pires représentants qui soient de l’espèce humaine dans ce qu’elle peut avoir de plus sombre, de plus ténébreux, de plus détestable. Quelques fleurs pour se souvenir et aussi pour se rappeler que chaque jour qui se lève, chaque nuit qui tombe, aujourd’hui, des crimes contre notre humanité se perpétuent,  loin de toute caméra de notre chère presse inefficace, dans le silence odieux de nos consciences endormies, dans l’indifférence malsaine de nos petites vies confortables.

La cérémonie d’inaguration fut émouvante, comme prévisible, puis, après la visite du wagon, un vin d’honneur permit aux nombreux drancéennes et drancéens présents de partager un moment de convivialité œcuménique et en dehors de toutes différences partisanes.

Il était inscrit dans le pré-programme socialiste pour les municipales de mars 2008, le projet de créer sur le site de La Muette, à la place de la cité, un complexe universitaire international, dédié aux travaux de veille, de recherche et d’étude, sur tous les crimes, les atteintes aux droits de l’homme, barbarismes et obscurantismes qui polluent notre planète : j’écrivais alors :

« Pour enfin que Drancy rayonne de culture, qu’elle devienne le lieu de mémoire, d’intelligence et de résistance que son histoire lui impose d’être pour briser le sort qui frappa son passé. Pour qu’elle devienne un rendez-vous pour tous les chercheurs d’humanité, un haut lieu de souvenir, d’information, de culture, sur les années terribles, afin qu’elle se hisse à la pointe du combat pour un « Toujours se souvenir pour ne plus jamais revivre ». Pour qu’alors enfin, peut-être, notre ville ne soit plus synonyme de camp mais au contraire, de progrès contre tous les fanatismes, obscurantismes, barbaries, régimes génocidaires, … , bref tout ce que l’Humanité recèle de plus sombre et que nous nous devons tous de combattre chaque seconde de notre vie. C’est, non seulement possible, mais totalement indispensable. »

Combien de temps encore des familles vivront-elles sur ce site de la Muette ? Dans ces pièces qui furent celles où les juifs furent parqués, en attendant de prendre le train vers la destination finale, entre ces murs peuplés de larmes, de souffrances inhumaines, de la mort qui frappa les plus faibles parmi les plus faibles. Est-il vraiment concevable que cette situation continue ainsi des années encore ?

Gilles Saulière, Conseiller municipal d’opposition socialiste


Qui a dit, « Ne tirez pas sur l’ambulance ! » En tous cas, ni Nicolas Sarkozy, ni Jean-Christophe Lagarde, c’est certain !

mai 19, 2008

Pour fêter ses 1 an de règne présidentiel, Nicolas Sarkozy a décidé de s’attaquer « courageusement » … à la baisse du pouvoir d’achat ? Non, non, vous n’y êtes pas, c’est au droit de grève, bien sûr, que notre président préféré s’attaque avec le courage qui caractérise les grands hommes.

Et il le fait avec de gros sabots bien gras et bien lourds de démagogie populiste, tentant de dresser le peuple de France contre le service public de la France et pas le moindre, celui qui est censé prodiguer l’enseignement de la république à ses enfants. Ainsi peut-on lire dans la dernière newsletter de l’UMP d’aujourd’hui le texte suivant :

« Dites oui à l’accueil de nos enfants à l’école les jours de grève »

« Lors de son allocution télévisée le 15 mai, le Président de la République a annoncé qu’un projet de loi serait déposé par le Gouvernement avant l’été, instaurant le droit à l’accueil des élèves dans les écoles les jours de grève. »

« Ce texte garantira à la fois le droit pour les enseignants de faire grève, mais aussi le droit pour les enfants d’être accueillis les jours de grève, et le droit pour les parents de travailler ou de s’organiser dans les meilleures conditions. »

« Le Président de la République, le Gouvernement, et l’UMP sont décidés à donner aux familles, notamment les plus modestes, le droit de ne pas subir financièrement, comme c’est le cas aujourd’hui, la grève des enseignants. »

« Le Président de la République, le Gouvernement, et l’UMP sont décidés à donner aux familles, notamment les plus modestes, le droit de ne pas subir financièrement, comme c’est le cas aujourd’hui, la grève des enseignants. » etc…

Bel exemple de solidarité nationale que nous délivre là le président de la république, son premier ministre et son parti. Il ne manque à ce petit texte que l’autre parti de droite, le Nouveau Centre et non inénarrable nouveau n°2, Jean-Christophe Lagarde, toujours apparemment à l’affût de mesures bien populistes lui aussi.

La France tombera-t-elle dans ce piège aussi grossier ?
Nous pensons, nous rêvons que non !

Le droit de grève est sacré !

Tout d’abord, le droit de grève est un droit conquis de haute lutte par nos anciens, qui bien souvent donnèrent leur vie et leur sang pour que la justice sociale, dans notre pays et bien d’autres, puisse s’établir et se négocier, sur la base de ce droit fondamental de pouvoir cesser le travail, dernier recours lorsque tout dialogue est bloqué. Avant, rappelons-nous, le seul recours était l’insurrection…

Or, toute tentative d’obstruction de l’exercice de ce droit, toute dérive visant à casser la grève, contourner la grève, annuler l’effet de la grève, quelque soit la tentative, quelque soit la dérive, si petite qu’elle soit, est dangereuse, pour la paix sociale, pour la démocratie ! Car il emporte le risque d’éliminer toute possibilité de dialogue et de négociation, en cas de conflit dur. Alors, le jour venu, lorsque l’exaspération sera trop lourde, lorsque la coupe sera vraiment pleine, le seul recours risque de re-devenir l’insurrection. Est-ce cela que nous voulons ? Est-ce cela que Nicolas Sarkozy veut ? Et au cœur même de notre ville, est-ce cela que Jean-Christophe Lagarde veut ?

A droite, on veut toujours gommer le symptôme pour ignorer le mal !

Se préoccuper des enfants qui ne peuvent pas aller à l’école les jours de grève, c’est beau, c’est grand, cela semble même ne pas pouvoir être remis en question, cela semble aller de soi ! Qui sont donc les affreux méchants qui osent s’élever contre cela ?

Sauf que… Sauf que lorsque l’on décide de sortir de ce discours démagogique et hypocrite, qui démontre une chose au moins, c’est le peu d’estime dans lequel on porte le peuple, jugé suffisamment crétin pour se laisser abuser par ce genre de raisonnement, lorsque l’on sort de cette mascarade, il est possible de se poser 2 simples petites questions de bon sens :

  • Nicolas Sarkozy est-il Bernadette Soubiroux ? A-t-il reçu la révélation divine ? La droite a été au pouvoir pendant très longtemps… Le droit de grève existe depuis bien longtemps… Nous fêtons même cette année, ce mois-ci, un anniversaire historique de l’exercice ultime du droit de grève… Et bien durant toutes ces années, personne, à gauche bien évidemment, mais à droite non plus, ni De Gaulle qui fut pourtant bien bousculé par les évènements de mai 68, ni Pompidou, ni Giscard, ni Chirac, personne à droite ne songea à ébranler ce soubassement solide et fondamental de la paix sociale. Seul l’ami Nicolas Sarkozy sembla découvrir cette pseudo-évidence, cette révélation, consistant à gommer les effets indésirables de la grève, plutôt que de s’attacher, comme tous ses prédécesseurs, à travailler à guérir le mal. Mais il est peut-être vrai que pour lui, pour la nouvelle UMP Sarkozyenne et le Nouveau Centre de notre N°2 Jean-Christophe Lagarde, le fait que les enfants modestes ne puissent recevoir l’enseignement, ce n’est pas grave, tant qu’on ne les voit pas, bien gardés dans les services des mairies de droite… Leurs enfants à eux, pendant ce temps, où sont-ils ? Oups, bien sûr, les amis parents de Nicolas Sarkozy peuvent se payer gouvernantes, cours particuliers, écoles privées etc. Peut-être est-ce que c’était en prévision de cela, le cadeau du bouclier fiscal . . .
  • Qu’est-ce qu’on fait si les jours de grève sont payés, en cas de victoire des grévistes ? Et oui, voyez-vous, il fut un temps où les jours de grève étaient payés, … lorsque le mouvement de grève obtenait gain de cause ! Nicolas Sarkozy, Jean-Christophe Lagarde et leurs amis ont dû l’oublier ! En effet, s’il était logique que les jours de grève ne soient pas payés, en cas de défaite des grévistes et de reprise du travail, démontrant ainsi que leur grève n’était pas légitime, il était en revanche effectif et normal que les jours de grève soient finalement payés, une fois la grève terminée, si les grévistes, victorieux avaient eu gain de cause, la négociation ayant pu avoir lieu à leur avantage. En effet, la grève était donc légitimée et le patron se devait de reconnaître et assumer son erreur. Or, que dit Nicolas Sarkozy ? « Les mairies seront dédommagées des frais de garde par le reversement des journées de grève non payées ». Mais alors, quid si le mouvement est légitime et les jours de grève payés ? Cherchez l’erreur, trouvez la mauvaise foi…

Bref, arrêtons le massacre, stop aux hypocrites de cette mauvaise droite française, la droite vaut mieux que cela. Le populisme n’honore pas celui qui s’y adonne et le conduit doucement, inexorablement, vers les fonds insalubres de ce que l’homme recèle de plus dangereux pour l’homme.

Messieurs les patrons de la république, mettez-vous plutôt au travail !

Alors, plutôt que tirer sur toutes les ambulances qui passent, l’enseignement, le pouvoir d’achat, le temps de travail, Mesdames et Messieurs qui ont été portés par le peuple de France au gouvernail de notre pays, aux commandes de nos villes, mettez vous au travail et faites le bien, pour la France et avec elle, écoutez la, écoutez nous, prenez le temps entre 2 avions, 2 émissions de télé, de vous assoir à la table conviviale des négociations, vous verrez que nos enseignants ne mordent pas, que les fonctionnaires ne sont pas forcément des paresseux indolents, que les salariés, du privé, du public, se tuent à la tâche chaque jour que Dieu, Allah, la nature ou quiconque d’autre, fait, que les chômeurs et les RMistes n’en peuvent plus de ne pas pouvoir participer à la construction collective et que les patrons, notamment l’armée des quelques 1,6 millions de patrons de petites et moyenne entreprises, celles qui participent de la richesse du pays, ne sont pas tous de cette droite là…

Gilles Saulière, Conseiller municipal d’opposition socialiste