Le mémorial de Drancy profané : un geste imbécile et condamnable.

avril 30, 2009

Le mémorial et le wagon de Drancy ont été profanés, taggés, avec trois grandes croix gammées, dans la nuit du 10 au 11 avril derniers.

Geste imbécile, geste stérile, geste que nous condamnons tous, mais geste qui doit nous rappeler, que jamais notre vigilance ne doit faiblir, jamais notre mémoire ne doit défaillir, jamais nos gardes ne doivent être abandonnées. Ce qui s’est passé à Drancy, lors de ses heures les plus noires, durant la dernière guerre, ne doit jamais quitter nos esprits, notre chair, nos coeurs.

Notre devoir d’êtres humains et de Drancéens, est de conserver et transmettre le souvenir de ces moments sombres de l’histoire de l’humanité. Les cérémonies de dimanche dernier, 26 juin, au cimetierre puis au mémorial de Drancy, à l’occasion de la journée nationale de la déportation, ont été l’occasion pour le peuple de Drancy, de se recueillir une fois encore, avec les représentants des associations juives, avec le Rabbin et l’Imam de Drancy, tous deux côte à côte,  beau symbole et belle réalité de la possibilité de l’amour et de la  paix entre les peuples, avec les autorités de l’État, avec les élus régionaux et locaux, avec les jeunes de Drancy.

Alors, que ce geste imbécile soit pour nous un rappel, un clignotant pour nos consciences et soyons plus vigilants que jamais. Les grandes crises peuvent mener les plus grandes des nations à basculer dans les obscurantismes et les barbaries les plus profonds, l’Histoire nous le rappelle chaque jour à Drancy, ne commettons pas l’erreur mortelle de penser que cela ne pourrait plus jamais se reproduire.

Avec moi, les élus socialistes et l’ensemble des membres de la section du parti socialiste de Drancy condamnent cet acte et adressent leurs plus fraternelles pensées à M. Raphaël Chemouni, président  du Conservatoire historique de Drancy, ainsi qu’à toutes ces familles juives, qui ont tant souffert de la barbarie humaine.

Gilles Saulière, responsable du groupe d’opposition socialiste
au Conseil municipal de Drancy


22 juin, inauguration du wagon témoin du mémorial national du camp de Drancy, l’occasion de se souvenir et de réfléchir à notre devoir de drancéens envers l’Histoire.

juillet 3, 2008

Moment de mémoire, moment émouvant. De 1942 à 1944, notre ville fut le lieu d’où partirent plus de 60.000 malheureux, hommes, femmes, enfants, dont le seul crime était d’être né juif, entassés dans des wagons à bestiaux, pour Auchwitz et qelques autres camps, pour y être massacrés.

Nouvelle exposition dans le wagon lui-même restauré, ce dimanche 22 juin, c’était l’inauguration, en présence de nombreuses associations de déportés, enfants de déportés, des associations juives, les représentants des cultes, juifs, chrétiens, les responsables de la toute nouvelle mosquée de Drancy. Le sous-préfet de Bobigny était là aussi, représentant l’état français, avec le maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde et une délégation du conseil municipal, parmi laquelle, vos trois conseillers municipaux socialistes,  Jocelyne Vivent, Rosalie Lechanoine et moi-même, seuls représentants de l’opposition ce jour là.

Nous déposâmes un bouquet de fleurs de Drancy, devant le monument du mémorial, juste à côté de celle du comité du mémorial, un peu avant la cérémonie, pour honorer la mémoire de ceux qui souffrirent et moururent sous l’action immonde des pires représentants qui soient de l’espèce humaine dans ce qu’elle peut avoir de plus sombre, de plus ténébreux, de plus détestable. Quelques fleurs pour se souvenir et aussi pour se rappeler que chaque jour qui se lève, chaque nuit qui tombe, aujourd’hui, des crimes contre notre humanité se perpétuent,  loin de toute caméra de notre chère presse inefficace, dans le silence odieux de nos consciences endormies, dans l’indifférence malsaine de nos petites vies confortables.

La cérémonie d’inaguration fut émouvante, comme prévisible, puis, après la visite du wagon, un vin d’honneur permit aux nombreux drancéennes et drancéens présents de partager un moment de convivialité œcuménique et en dehors de toutes différences partisanes.

Il était inscrit dans le pré-programme socialiste pour les municipales de mars 2008, le projet de créer sur le site de La Muette, à la place de la cité, un complexe universitaire international, dédié aux travaux de veille, de recherche et d’étude, sur tous les crimes, les atteintes aux droits de l’homme, barbarismes et obscurantismes qui polluent notre planète : j’écrivais alors :

« Pour enfin que Drancy rayonne de culture, qu’elle devienne le lieu de mémoire, d’intelligence et de résistance que son histoire lui impose d’être pour briser le sort qui frappa son passé. Pour qu’elle devienne un rendez-vous pour tous les chercheurs d’humanité, un haut lieu de souvenir, d’information, de culture, sur les années terribles, afin qu’elle se hisse à la pointe du combat pour un « Toujours se souvenir pour ne plus jamais revivre ». Pour qu’alors enfin, peut-être, notre ville ne soit plus synonyme de camp mais au contraire, de progrès contre tous les fanatismes, obscurantismes, barbaries, régimes génocidaires, … , bref tout ce que l’Humanité recèle de plus sombre et que nous nous devons tous de combattre chaque seconde de notre vie. C’est, non seulement possible, mais totalement indispensable. »

Combien de temps encore des familles vivront-elles sur ce site de la Muette ? Dans ces pièces qui furent celles où les juifs furent parqués, en attendant de prendre le train vers la destination finale, entre ces murs peuplés de larmes, de souffrances inhumaines, de la mort qui frappa les plus faibles parmi les plus faibles. Est-il vraiment concevable que cette situation continue ainsi des années encore ?

Gilles Saulière, Conseiller municipal d’opposition socialiste